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LES PRODUCTEURS PRIVES SONT-ILS COMPLEMENTAIRES, CONCURRENTS ET/OU FOURNISSEURS DE L'IGN ET DE LA DGI ? |
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COMPTE-RENDU DU FORUM DES PRODUCTEURS PRIVES DE DONNEES
GEOGRAPHIQUES |
Cette table ronde a permis de présenter un panel de sociétés privées de production de données géographiques, de montrer les relations étroites nouées par l’IGN avec certaines d’entr'elles et de soulever les principaux problèmes qu’elles rencontrent dans leurs relations avec l’IGN :
Ces témoignages confirment et enrichissent les analyses du SPDG et justifient son action en faveur d’un accès plus large aux données de l’IGN et de la DGI, d’un assouplissement des règles d’utilisation de ces données et d’une clarification des missions de service public de ces organismes dans le domaine des données géographiques.
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Présents : 80 personnes
9 h 45 Accueil par les membres du
Débats animés par Jean-Lucien Seligmann (SPDG/CUG)
| Présentation par Jean-Lucien Seligmann |
L'action du SPDG, fondé en 1993, et du Club des utilisateurs (collectivités et administrations)
a pour objectif la meilleure accessibilité des données géographiques publiques. A la suite du rapport Lengagne qui soulevait le retard français en la matière un "bleu" de Matignon a confié à l'IGN d'intégrer le Référentiel à Grande Echelle (RGE), après réflexion du CNIG sur sa composition. L'accessibilité de ces données sera conditionnée par le contrat d'objectifs en attente de signature entre l‘IGN et l’Etat. Parallèlement, un accord a été pris entre l’IGN et la DGI pour la composante parcellaire et l’IGN a mis les données géodésiques en accès gratuit sur Internet.
La réunion a pour but de clarifier le rôle de chacune des catégories de producteurs privés par rapport à l’IGN et la DGI (sous-traitant, partenaire, concurrent avec des produits différents ou les mêmes).
Les intervenants se répartissent en 3 catégories :
| Intervention de Christophe Charpentier |
Les activités
3 activités tournées vers le SIG :
Sources géolocalisées de données de base :
Il a été constaté la nécessité de consacrer autant de temps à la discussion des contrats qu’à la technique
Mises à jour : premières expériences avec Adresses v2
On a retenu Géoroute, forte d’un réseau interconnecté
Structure des adresses et format. Adjonction d’un nouveau partenaire (Proxydata)
Géoroute raster : une version raster a été réalisée pour retrouver la qualité graphique des cartes. Ce projet a abouti à une démarche de coproduction avec l’IGN.
Part du coût d’achat des données IGN dans les charges/produit
Position par rapport à l’IGN
1 - client : exploitation des bases Géoroute, Route 500, Route 120
2 - partenaire : coéditeur et producteur de données avec Géoroute raster
3 - concurrent : commercialisation des produits. Pas toujours évident à gérer
Attentes par rapport à l’IGN
- droit d’utilisation (copyright). On subit les contraintes de la politique de tarif IGN (licences commerciales)
souhait d’une vraie séparation des fonctions de l’IGN en 2 entités (service public / commercialisation)
- nécessité de clarifier les comptes ; malheureusement pas à l’ordre du jour
Echanges avec la salle
Selon M. Poulit (IGN) il n’y a pas séparation juridique, mais il existe une comptabilité analytique qui sépare bien les 2 activités. L’IGN exerce 2 métiers :
Selon les producteurs privés la séparation devrait être plus claire. L’IGN n’a pas la culture de la rentabilité. Se contentant de ne pas perdre d’argent sur un contrat, il lui arrive de pratiquer des niveaux de remises excessives, ne laissant aux entreprises concurrentes qu’une marge de 1 ou 2%.de remise qui ne leur permet pas de vivre.
| Intervention d’Olivier Couly (Compilo) |
Les activités
Développement de valeurs ajoutées pour des services géolocalisés.
En 1996, CD-ROM grand public ; en 1999, port sur le web du contenu avec accès à la cartographie en ligne de bases de données communales, trafic, infotrafic.
Il a été constaté l'absence de modèle économique viable pour la fourniture de géographie informatique sur Internet. Personne n’est prêt à payer, d’où la recherche d’activités à meilleure valeur ajoutée, tangible.
Compilo a pour objectif de développer une valeur ajoutée tangible sur la base cartographique : moteur de recherche spatial, calculateur d’itinéraire multimodal, gestionnaire d'événements, de gestion de flotte, interfaçage PDA, mode vocal.
Données produites
La mise à jour est hebdomadaire ou en temps réel (promotions commerciales)
Nécessité de bases très pointues et ultraqualifiées. (ex. :indiquer à l’utilisateur d’un portable (à 90% en vocal) la pharmacie la plus proche avec ses heures d’ouverture, l’adresse des bureaux de poste, des hôtels, leurs prix puis l’itinéraire, en multimodal, selon son moyen de transport, etc.)
Sources des données de base
- couverture de proximité (évolue beaucoup)
La base cartographique IGN représente 15% de la marge brute des produits/services vendus.
Ce coût est très important car il s’ajoute à celui des autres fournisseurs.
IGN est le fournisseur actuel de la base France. Les bases IGN sont présentes dans tous les produits.
Les attentes par rapport à l’IGN
- couverture plus importante en France et en Europe (ex. : Paris-Bruxelles nécessite les données dans 2 pays différents),
Echanges avec la salle
M. Poulit croit au vocal, qui est universel, et demande à l'intervenant s'il dispose d'outils de reconnaissance vocale.
Pour M. Couly le problème est difficile. Compilo a donc intégré un logiciel déjà existant. L’ergonomie est très importante. Il faut guider l’utilisateur par des questions (ex. : où êtes vous ?) et attendre sa réponse.
| Intervention de Philippe Van de Casteele (Télé Atlas) |
Activités
Fournir à nos partenaires des données cartographiques exhaustives qui leur permettent de développer des applications innovantes et de haute qualité
1800 personnes dans 15 pays couverts (386.000.000 d’habitants)
Sources de données
Coût des données (en France)
Le rapport du coût relatif à l’IGN /coût de production (en Inde, à New Delhi) atteint 15%
La mise à jour des données est confiée à 50 employés répartis sur le territoire, chargés de mettre à jour les données en collectant les informations auprès des organismes compétents (DDE, etc.)
Des contrôles annuels sont effectués. Il est nécessaire d’aller sur le terrain pour contrôler.
Le problème est d’être à jour et d’anticiper pour être prêt à temps, compte tenu des délais d’exécution.
Applications
Les systèmes de navigation sont une application importante, mais aussi le géomarketing, la gestion du trafic, la cartographie raster, les applications pour le téléphone mobile.
Un nouveau produit, Multinet, propose des applications dans toutes les agglomérations de plus de 5 000 habitants
Position par rapport à l’IGN
Très bonnes relations avec l’IGN comme client, mais concurrent direct sur certains marchés.
La DGI fournit les planches cadastrales
Attentes
Mise à jour des orthophotos et du Scan 25, référentiel des adresses complet
Tarifs et Copyright : acquisition des données de base une fois pour toutes, sans redevance ultérieure sur la base du CA.
Echanges avec la salle
A une question sur le positionnement de la France par rapport aux autres pays en termes de producteurs de données publiques M. Van de Casteele répond qu'il y a eu une grosse évolution positive en France depuis ces dernières années mais que l'on en attend encore d’autres.
M. Poulit précise que les situations sont très disparates d’un pays à un autre et qu’il n’y a pas de stratégie homogène. Il poursuit :
" Avec Télé Atlas, nous sommes dans le cas où un privé intervient dans un domaine qui relevait jusque là du champ d’activité de l’IGN. Il y a alors concurrence.
Or, si un privé intervient dans un domaine jusque là couvert par l’Institut, c’est qu’il y existe un marché ; juridiquement, pour ne pas fausser la concurrence, la subvention à l’IGN doit disparaître. On passe du rouge (la subvention de l’Etat est complète) au bleu (sans subvention).
Il y a alors paradoxe à demander à l’Institut un produit gratuit.
Comment gérer coordination et compétition ? "
Pour M. Seligmann l'on voit qu’en France 2 équipes concurrentes font chacune leur référentiel filaire (IGN, Télé Atlas), démarchant les mêmes organismes (DDE, DGI, communes, Poste, INSEE). L’utilisateur paie 2 fois. Est-il possible de travailler ensemble ?
M. Poulit fait remarquer qu'en fait il y a même 3 acteurs en ajoutant Navtech. L’IGN est ouvert à des collaborations avec les privés, mais il y a 3 éditeurs alors que c’est la vocation du service universel d’assurer cette base.
Un modèle, en France, fonctionne avec les télécommunications. France Télécom a une mission de service public.
Mais la géographie n’a pas la force des télécommunications ou de la Poste.
M. Seligmann rappelle le souhait d'un organisme de régulation
M. Prallong réagit en faisant remarquer qu'il règne un flou artistique sur les données de base qui font partie du service public. On constate qu’une entreprise privée se lance dans la fourniture de données de base, on en déduit qu’il y a un marché, de sorte qu’on se trouve dans un domaine concurrentiel, donc qu’il ne doit plus y avoir de subvention. Si on laisse faire la concurrence on risque d’avoir des zones "blanches " (non couvertes) en France.
M. Lepoutre rappelle que c’est un privé (Michelin) qui a créé les premières bases routières sur les petites communes, bien avant que l’IGN y pense.
M. Poulit fait remarquer qu'avant Géoroute il y avait BD Carto pour les moyennes échelles.
| Intervention de Gérard Reigner (SNEPPIM) |
Activités
Créé en 1963 le SNEPPIM regroupe 75% de la profession en métropole et outre-mer et 7 sociétés de prises de vues aériennes. Ses membres interviennent en matière d’imagerie numérique, MNT, SIG urbain, sauvegarde du patrimoine, zones de protection.
Les photogrammètres ont la DGI pour client (photos aériennes et restitution numérique) et pour fournisseur (planches cadastrales papier). Il n’y a pas concurrence avec la DGI.
En ce qui concerne l’IGN, celui ci est un maître d’ouvrage de plus en plus important pour la profession
- avec la BD Topo pays qui s’achève : 14 départements sous-traités en 2002 et 2003. La programmation 2004-2005 prévoit 10 départements/an
- avec les BD Ortho départementales au 1/5 000 : sous-traitance en 2000 pour 7 départements. Des consultations sont en cours pour 14 départements en 2002-2003 ; 20 à 25% des départements français seront sous-traités.
Le problème de la mise à jour se posera très vite. Les photogrammètres souhaitent y participer.
- avec la BD Parcellaire, à partir de 2003, souhait de l’IGN de sous-traiter une grosse partie, compte tenu de l’échéance du RGE.
L’IGN fournit des prises de vue aériennes dans le cadre de sa mission de service public au 1/25 000 ou 1/30 000. Les membres du SNEPPIM exploitent ces images dans leurs activités.
Prestations en concurrence
La BD Alti est récupérée sous forme de licences pour créer de la valeur ajoutée.
L’IGN est parfois concurrent pour les prises de vues aériennes (peu en métropole ; en DOM-TOM il y a eu des déboires).
En cartographie numérique, la concurrence s’est estompée par rapport à il y a 10 ans.
La concurrence s'exerce sur tous les autres produits, notamment les orthophotos.
Partenariat
Depuis 2 ans, partenariat de coproduction et coédition sur un produit nouveau, la BD Ortho Agglo, avec pixel de 25 cm. Les négociations ont été assez longues (une année). Suite aux premiers contrats le premier produit sur étagère (Orléans) sortira dans les prochaines semaines. Tours, Angoulême et Lorient seront livrés fin 2002.
Un nouveau produit sortira au pixel de 12,5 cm, en partenariat en coédition et sous-traitance.
Le SNEPPIM souhaite que la collaboration se prolonge au-delà de 2005, et s’élargisse éventuellement sur d’autres produits.
Echanges avec la salle
M. Seligmann souligne que l'on assiste à la réactivation des CDIG, selon une volonté des administrations, mais que cela est différent d’une autorité régulatrice au niveau de la concurrence.
| Intervention de Patrick Bezard-Falgas (Sogefi) |
Activités
Président de la commission de l’information géographique de l'OGE, M. Bezard-Falgas est responsable d'un groupe de géomètres-experts régionaux qui intervient dans les domaines de géomètre-expert, banques de données territoriales et SIG.
Sources de données
Cadastre, IGN, INSEE, DIREN (risques naturels), Terrain (photogrammètrie, GPS)
Données produites (productions à valeur ajoutée)
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Plans parcellaires |
Cartographie de communication |
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Plans topographiques |
Cartes thématiques |
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Plans d’aménagement rural |
Cartographie réglementaire (ex. : PPRI venant du 1/25 000) |
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Plans d’urbanisme (PLU) |
Numérisation de données de base (plan cadastral) |
Mises à jour
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Plan cadastral (numérisations hors convention ou labellisation) |
Cartographie de communication |
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Plans d’urbanisme |
Cartographie réglementaire |
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Plans de réseaux (réseaux hydrauliques) |
Coûts d’achats
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Charges totales |
Charges information géographique |
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Plans cadastraux (64 F la planche) |
0,7% |
2,2% |
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Matrices cadastrales |
2,3% |
7,3% |
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Bases de données IGN |
1,5% |
4,8% |
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Données INSEE |
0,3% |
1% |
Coût d’achat des planches papier ; les matrices (données littérales) sont payées par les collectivités ; on consomme de la BD Ortho. ( négociations avec l’IGN). Convention avec la BD Topo.
Position
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Nos clients |
Entreprises, administrations, collectivités |
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Nos fournisseurs |
Cadastre, IGN, INSEE, SSII, Editeurs |
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Nos concurrents |
Sociétés privées, Administrations, SEM |
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Nos partenaires |
Géomètres-experts, aménageurs, collectivités locales, IGN, DGI, AITF, AMF |
On remarque notre concurrence avec les administrations (déconcentrées de l’Etat et collectivités locales) et les SEM ; les conditions de cette concurrence gagneraient à être éclaircies.
Revendication des géomètres-experts d’avoir un accès aux données littérales de façon un peu plus exhaustive que les notaires.
Attentes
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DGI Cadastre |
IGN |
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Plans lambertisés |
BD Ortho sur tout le territoire |
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Plans vectorisés (et labellisés) C’est dans les CDIG que cela se passe ; une enquête a été ouverte par l’Ordre |
BD Topo Réflexion sur son intérêt selon délai de couverture |
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Fichiers des données littérales |
Scan 25 mis à disposition(comme donnée publique et qu’on n’en parle plus) |
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Tarif de mise à disposition |
Convention d’utilisation de la BD Ortho avec un partenariat pour le RGE-ZUD (sans oublier les gestionnaires de réseau qui participaient tous il y a quelques années) |
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Droit d’utilisation pour les géomètres-experts |
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Des conventions rapides |
INSEE (efforts faits sur les tarifs, à poursuivre) |
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Des mises à jour suivies |
Données économiques : tarif |
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Des formats stabilisés |
Fiches numériques de fichiers profils et cartes |
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Contours d’îlots améliorés |
Echanges avec la salle
M. Seligmann demande si la coédition de la BD Ortho 25 cm fait partie du référentiel à grande échelle dans les zones urbaines denses ou si elle est une activité commerciale de valeur ajoutée ?
Pour M. Poulit il s'agit d'un exemple de partenariat intéressant, la coédition. Chacun intervient à hauteur de 50%. Le produit est-il bleu ou rouge ? Pour l’IGN, c’est un référentiel public ; il peut donc être subventionné. Le partenaire n’a pas une liberté complète ; en particulier, il n’y a pas d’exclusivité.
M. Seligmann trouvant cela bien compliqué et pas clair M. Poulit précise qu'il n’y a plus de compétition, mais un vrai partenariat, donc possibilité de subvention. Il y a sur ce produit une publicité européenne, donc pas de favoritisme. Ce n’est pas une sous-traitance mais une collaboration et une coédition. On peut discuter jusqu’à nouer des partenariats. 6 agglomérations sont concernées.
Avec le pixel de 12,5 cm on est pour la coédition. Si personne ne répond à l’appel d’offres l’IGN fera le travail seul.
A un auditeur demandant si, à côté des licences à long terme, l’IGN prévoit un traitement particulier pour les utilisateurs occasionnels de données IGN, par exemple pour recaler des planches cadastrales M. Poulit répond que l’IGN a conscience du problème. Il est encore en phase de réflexion mais il faut contacter les correspondants habituels.
M. Berteau (DGI) demande que l'on n'hésite pas à informer la DGI de l’existence de données vecteur hors convention, en précisant leurs format et qualité. La DGI est ouverte à la récupération de ces plans. La DGI est opposée à l’utilisation de ces données dans le cadre du RGE. La DGI gère un plan raster mis à jour, l’IGN un plan vecteur. A l’avenir le plan vecteur devrait devenir le plan cadastral.
M. Poulit conseille, pour les 8% du territoire couverts par une convention PCI, d'aller au plus vite au PCI vecteur pour avoir une base PCI vecteur.
M. Bezard-Falgas précise que, au niveau du CNIG, les principes sont clairs mais que cela l'est moins au niveau des CDIG et que l'on utilisera les plans vecteurs hors convention.
| Intervention de Laurent Bouillot (Siradel) |
Activités
Issue des milieux universitaires de Rennes, la société est spécialisée dans la propagation des ondes et infrastructures télécom. Au départ elle fournissait des logiciels de couverture radio. Face à la nécessité de trouver des données géographiques elle est devenue conceptrice et productrice de bases de données géographiques.
En 1996 elle a écrit des spécifications techniques et regardé ce qui existait sur le marché. Elle a proposé de créer une société commune avec l’IGN qui l’a refusée.
Il y a nécessité de disposer de données très précises et détaillées pour le téléphone mobile, pour éviter des trous et des coupures de communication (interférences ou zones non couvertes).
On réalise des prises de vues classiques stéréoscopiques en photogrammétrie et modélise murs et rangées d’arbres, significatifs en terme d’obstacles radioélectriques. Suivant les cas et les zones la mise à jour doit être faite tous les 2 ans ou 4 ans.
En matière de données pour la 3ème génération (UMTS) l’implantation des antennes soulève divers problèmes :
On remarque un manque d’homogénéité des données existantes, provenant de l’IGN notamment.
Coût des données
Si les données existent et sont récentes on les achète (cas de 50% des photos aériennes).
Toutefois le catalogue du site web IGN devrait être à jour. Il est nécessaire d’avoir beaucoup de partenaires pour pouvoir absorber les pics de production.
Nous avons produit 5 000 km2 de données métriques sur la France l'an dernier, avec un rythme de production mensuel qui a atteint 1 000 km².
Nous disposons de 15 000 km² de prise de vues aériennes sur la France prises en majorité l'an dernier.
IGN client : oui, dans le cadre de réponses à un appel d’offres, marginal actuellement
IGN fournisseur : oui, pour l’achat
IGN concurrent : pour la fourniture d’orthomosaïques.
Attentes
On regarde ce qui existe.
Détail technique : la numérisation des prises de vues aériennes devrait être à plus de 2000 dpi (et non 1000 dpi comme c’est le cas actuellement) pour l’exploitation sur stations numériques. On est amené à acheter les photos et on les scanne.
Commandes pour les villes de 50 000 habitants.
La société essaie de s’ouvrir aux autres marchés que les télécoms mais elle découvre les difficultés de ce marché dès qu’on essaie des collaborations.
Le prix des photos aériennes est trop élevé (10 à 20% du coût de production), celui des orthomosaïques trop bas.
Echanges avec la salle
Répondant à M. Seligmann qui lui demande s'il veut dire ainsi que l’IGN pratique des prix cassés pour les orthomosaïques, M. Bouillot précise qu'il n'a pas le droit de commercialiser des orthomosaïques IGN et que sa société ne peut pas être compétitive en les faisant elle-même.
M. Seligmann demande si l'IGN est prêt à acheter des photos aériennes venant de Siradel.
Pour M. Poulit on est dans le cas type du paradoxe :
L’orthophotographie est un produit qui va devenir bleu. On sent poindre ce besoin.
Dans 5 ans le marché sera à maturité et on ne subventionnera plus ce produit.
La BD Ortho pays, service public de base (pixel 50 cm, précision 1 m), est entièrement subventionné et couvrira tout le territoire au 31 décembre 2003. En ce qui concerne le pixel de 25 cm et le pixel de 12,5 cm l’IGN souhaite un partenariat en coédition et coproduction.
| Intervention de Damien Lepoutre (Géosys) |
Domaine d’activité :
Centrée sur l’agriculture et l’espace rural (80% de l’activité), l'activité est la fourniture d’informations géographiques et de logiciels d’aide à la décision géographiques.
2 métiers : agronomie et géographie.
Nous ne sommes pas producteurs de données mais avons une activité de conseil et sommes distributeurs des données des principaux producteurs. En effet, pour financer le conseil et faciliter l’acquisition des données par nos clients, la société est devenue distributeur. Elle réalise des produits mixtes, adaptés aux besoins et au contexte (image 5 m couleur et Scan 25 par exemple).
Position par rapport à l’IGN
Pour un privé être concurrent d’une administration n’a pas de sens ; par contre l’institut n’est-il pas, lui, concurrent du privé dans les services et la valeur ajoutée ?
Une administration fournisseur de données de base a-t-elle un monopole de diffusion ou une position dominante ? A-t-elle le droit de faire de la valeur ajoutée ? Y a-t-il abus de position dominante si elle se réserve les droits sur certaines données et profite de cette position pour fournir d’autres prestations liées ?
Les règles doivent être transparentes. Pour avoir été fonctionnaire autrefois je suis conscient des difficultés de l’IGN devant le manque de mission claire. Par ailleurs, le maintien d’une bonne comptabilité analytique est difficile dans l’administration, le contrôle effectif de sa qualité et de sa véracité quasi impossible, et on peut faire dire ce que l’on veut à une telle comptabilité.
Nous sommes d’abord clients (et également utilisateurs et contribuables). Quelques exemples :
Nous avons acheté du Scan 25 pour le compte de nos clients (sans gagner le moindre franc car il n’y a pas de contrat de distributeur pour ces données).
Concurrent, nous l’avons été avec MONA (modèle numérique d’élévation) et je voudrai simplement illustrer l’historique de cette concurrence pour montrer les difficultés de relations que nous avons eues :
Au départ, Géosys avait besoin d’orthorectification : nous faisions faire ce travail par l’IGN mais il existait des problèmes de processus qualité certifié et de délais (nous étions toujours à la merci d’un changement de priorité à l’IGN – par exemple pour répondre à un besoin militaire ou d’une administration…) et, malgré plus de 500 kF de sous-traitance, nous n’étions pas traités en clients. Nous avons essayé d’acheter un MNT à l’IGN mais il avait des prix dissuasifs (plus d’un million de francs pour la France métropolitaine) et il fallait rapporter tout ce que nous faisions avec cette base. Du coup la société a acquis un MNT couvrant toute l’Europe, de source défense USA, utilisé d’ailleurs par d’autres instituts géographiques nationaux et sociétés privées ; nous avons négocié un contrat de diffusion, investi pour satisfaire le processus qualité, l’avons adapté puis mis sur le marché sous le nom de MONA.
En 1997, l’IGN nous attaque en contrefaçon, le MNT étant un monopole de l’IGN. 6 mois après l’IGN adaptait son offre sous la marque BD Alti, avec une gamme et des prix comparables aux produits commercialisés par Géosys.
Il n’y a pas de volonté de dialogue de la part de l’IGN. L’action juridique est toujours en cours.
Nous réalisons 85 % du chiffre d’affaires avec des clients privés mais certaines administrations hésitent à travailler avec nous car, malgré les conclusions de l’expertise, l’IGN continue d’exercer une pression par des discours et des affirmations visant à discréditer nos droits.
Deux entreprises peuvent-elles collaborer dans un domaine alors qu’elles sont concurrentes par ailleurs ?
La position de l’IGN sur le marché et le manque de clarté a des conséquences extrêmement importantes sur les décisions des acteurs du territoire :
Comment se fait-il qu’on soit le seul pays développé à ce jour sans couverture orthophotographique ?
(On nous la promet bientôt du fait notamment de l’obligation liée à la politique agricole européenne).
Le budget de la géographie informatique est-il plus faible en France qu’ailleurs ? non.
Y a-t-il des sociétés privées capables de faire de l’orthophotographie ? oui.
Alors pourquoi ?
On a l’impression qu’à l’IGN il y a une volonté d’écrémer la clientèle. Pour les premiers acquéreurs, qui sont prêts à payer plus cher, l'institut pratique des prix très élevés, avec la volonté de les abaisser progressivement. Cette pratique commerciale, naturelle pour un privé, n’est pas logique dans le cadre d’une administration. Ceci est flagrant pour les données Orthophoto numérique et Scan 25 pour lesquelles l’IGN ne veut pas de distributeurs tant que les grandes administrations n’ont pas procédé à des achats importants à des prix élevés. Dans les administrations clientes on se perd en réunions pour savoir comment se grouper pour acheter au moindre coût les produits IGN.
Pourquoi cette politique tarifaire de l’IGN ?
Comment valoriser au mieux l’investissement public ?
C’est la diffusion maximale (et l’utilisation maximale), pour que les décisions locales soient bien prises, qui est importante pour un investissement public (et non son retour sur investissement financier direct pour le vendeur). La diffusion maximale est peut-être opposée à l’intérêt immédiat de l’établissement mais est rentable à long terme. L’investissement public en données de base doit être considéré comme une prérogative d’Etat pour fournir l’infrastructure indispensable à de bonnes prises de décision. Combien de décisions ont-elles été mauvaises du fait de la non-disponibilité de bonnes cartes et orthophotos ?
L’Etat doit mettre à disposition de tous les informations de base pour que puisse se développer une concurrence saine. Nous ne saurions envisager un pays développé sans statistiques disponibles pour tous y compris pour permettre aux petits investisseurs d’agir dans le bon sens. Il devrait en être de même pour les informations cartographiques.
Donc, soit l’Etat décide qu’une donnée est de sa responsabilité (données de base ou de référence) et il la finance à 100 %, soit il doit savoir renoncer et laisser faire le privé. Il s’agit de savoir faire des choix et de définir les missions qui en découlent à l’IGN.
Malheureusement il est déjà tard pour revenir en arrière en subventionnant à 100 % certains produits alors que des privés ont déjà investi dans ces domaines pour pallier les carences passées mais plus on tarde plus ce sera difficile.
| Echanges avec la salle |
M. Poulit explique la position de l'institut. Les activités à valeur ajoutée de l’IGN ne touchent pas un franc du public.
Nous n’exerçons pas de pressions quand on ne répond pas à nos appels d’offres. L’IGN travaille surtout pour des grands donneurs d’ordre, la Défense et l’Espace.
Pas d’actions pour faire de la valeur ajoutée. L’IGN a créé 2 services, IGN Aménagement Environnement et IGN Mobilité dont le seul métier est d’aider les sociétés privées à se développer. L’IGN est un partenaire.
Sur le référentiel, notre métier de base, géodésie, nivellement, prises de vues aériennes patrimoniales sont financés à 100%. Malheureusement l’Etat n’a pas tout couvert. Ainsi, les 4 composantes ne sont pas financées à 100 % et il y a un financement mixte Etat-utilisateur. La contribution moyenne de l’utilisateur est comprise entre 15 et 17 %. L’action commerciale n’apporte en ressources que 15 à 17 %. On fait des efforts pour abaisser les coûts de licences de 15 % / an.
Si l’Etat payait tout ce serait plus facile mais il faut équilibrer les comptes de l’IGN.
En tout cas, le but de l’IGN n’est pas de concurrencer le privé.
Conclusion
Le SPDG va rendre compte de sa réflexion à M. Michel Franc, président du conseil d'administration de l'IGN.
Le SPDG