Application du rapport Lengagne

Propositions communes AIVF APCIG SPDG

 

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Production des informations géographiques de base.

 

 

 

Contribution à la réflexion

 

 

 

 

 

Sommaire

1 Introduction 1

2 Les mesures immédiates 2

3 Missions de l’IGN 3

4 Structures de décision de l’IGN 5

5 Tarification et affectation de la subvention 8

6 Diversification et respect de la concurrence 9

7 Référentiel à grande échelle 10

8 Annexe 1 : Les données géographiques de référence 11

9 Annexe 2 : Proposition de tarification 15

10 Annexe 3 : Définition du référentiel à grande échelle (RGE) 17

11 Annexe 4 : Répartition des coûts du référentiel à grande échelle (RGE) 19

12 Annexe 5 : Organisation et fonctionnement de l’IGN 20

 

 

12 juin 2000

 

  1. Introduction
  2. En septembre 1999, Guy LENGAGNE remettait au Premier ministre son rapport sur les perspectives d'évolution de l'information géographique et ses conséquences pour l'IGN. Il suscitait un espoir réel chez les professionnels de la géomatique, que ceux-ci appartiennent au secteur public (État ou collectivités territoriales) ou au secteur privé. Bon nombre d’entre eux ont contribué au débat, individuellement ou par l’intermédiaire de leurs associations professionnelles.

    Le présent document apporte une synthèse de ces contributions, rédigée en mai 2000, pour enrichir la réflexion.

    1. Rappel des préconisations du rapport Lengagne

Le Rapport Lengagne propose (chapitre III-1) en premier lieu de créer une " référence publique cohérente " en matière d’information géographique nationale :

… les utilisateurs tant publics que privés attendent de l’État la fourniture d’un ensemble cohérent d’informations à grande échelle de description objective du territoire mis à jour en permanence qui permette le rattachement à une position géographique des informations qu’ils recueillent. Le partage, par tous, de cet ensemble cohérent constitue la première condition pour que l’information circule, soit comprise et puisse être combinée et traitée. La communauté des utilisateurs ne serait pas la seule à y trouver son intérêt. "

Le rapport insiste sur le fait que le " besoin doit être satisfait au plus vite sur l’ensemble du territoire. Il paraît, aujourd’hui, nécessaire que l’IGN se mette en mesure de constituer cette référence sur tout le territoire national avant la fin de l’année 2005. "

Par la suite, le rapport propose les grands thèmes à retenir pour la constitution de ce référentiel à grande échelle (RGE), soit :

  1. Les coordonnées,
  2. La description physique du territoire,
  3. Les limites administratives,
  4. Le foncier, posant par-là même explicitement la question du plan cadastral,
  5. L’adresse.

Le Rapport souligne d’autre part que certains aspects du référentiel à grande échelle (RGE) dépassent la seule réflexion relative à l’IGN (cadastre et référentiel adresses) et doivent être restituées dans un cadre beaucoup plus large.

    1. Information ou produits ?

Une confusion, relevée par le Rapport Lengagne doit être expliquée. Elle tend à assimiler  " l’information (de base) " et le " produit (fini à valeur ajoutée, destiné au commerce) " qui constituent deux catégories bien distinctes tant en ce qui concerne leur production, que leur diffusion.

Dans l’intérêt du développement du marché de l’information géographique en France, il est indispensable d’opérer une distinction stricte entre ces deux concepts :

  1. Les informations dites de base sont financées par des fonds publics et par-là même elles doivent être mises à la disposition du plus grand nombre et tout particulièrement des acteurs du marché en veillant au respect de la parfaite égalité entre ces acteurs qu’ils soient publics ou privés.
  2. Les produits à valeur ajoutée sont très diversifiés et fabriqués par de nombreux acteurs publics et privés et doivent de ce fait respecter les règles de la concurrence.

    1. Les propositions du groupe SPDG / APCIG / AIVF

Les propositions du groupe de réflexion ont été élaborées avec une double préoccupation de pragmatisme et d’efficacité. Les attentes des utilisateurs régulièrement côtoyés par les rédacteurs ont largement guidé leur travail.

Ces propositions sont les suivantes et sont regroupées en six grands chapitres :

1. Les mesures immédiates d’application du Rapport Lengagne

Il s’agit là de décisions qui peuvent être appliquées immédiatement : mettre à disposition sans délai et à prix coûtant les données de base telles qu’elles existent actuellement, ou mettre les spécifications prioritaires du référentiel à grande échelle (RGE) en chantier sans tarder.

2. Les missions du CNIG et de l’IGN

Les propositions concernent aussi le CNIG qui doit jouer un rôle de suivi et de contrôle de l’IGN, mais doit aussi voir son rôle élargi en matière de coordination car la production des informations de base ne relève pas exclusivement de l’IGN.

3. Les structures de décision de l’IGN

4. La tarification et l’affectation de la subvention

5. La diversification et le respect de la concurrence

6. Le référentiel à grande échelle (RGE)

Une procédure rigoureuse et fiable est indispensable pour, d’une part, enrichir progressivement le référentiel à grande échelle (RGE) et, d’autre part, garantir sa mise à jour en continu.

  1. Les mesures immédiates
  2. Plusieurs mesures peuvent être mise en œuvre sans attendre. Elles répondent au besoin immédiat représenté par la fourniture des données de base qui peuvent être mises à disposition rapidement, sans recherche d’une quelconque valeur ajoutée dont l’introduction prendrait encore des années. En application des principes généraux adoptés par l’État (comme proposé dans le Rapport Mandelkern), cette fourniture doit se faire à prix coûtant (coût de mise à disposition).

    Il s’agit ici d’être pragmatique et de répondre rapidement à des attentes légitimes des utilisateurs : " on délivre maintenant ce qu’on peut délivrer, on améliorera plus tard ! "

    1. Libérer la " matière première " telle qu’elle est aujourd’hui

En conséquence, l’IGN doit ainsi être en mesure de fournir sans difficulté la matière première financée sur fonds publics telle qu’elle est :

  1. Points géodésiques,
  2. Orthophotographies,
  3. Objets du territoire (voies, occupation du sol, limites administratives, etc.),
  4. Toponymie des objets,
  5. Fichiers issus du scannage des planches-mères au 1/25 000 (Scan25).

    1. Reconnaître le caractère de " donnée essentielle " au plan cadastral
    2. Parallèlement, il conviendra de définir un plan d’action efficace pour satisfaire les demandes urgentes et élémentaires des utilisateurs concernant les aspects du référentiel à grande échelle (RGE) qui ne relèvent pas de l’IGN, notamment le plan cadastral scanné. La diffusion du plan cadastral sous toutes ses formes doit être autorisée, et elle doit être libre de tous droits de reproduction pour la forme " image " (document fichier raster), y compris dans le cas où la numérisation a été effectuée dans le cadre d’une convention avec la DGI

    3. Relancer l'opération de scannage du plan cadastral, valider et formaliser la " mission géographique " du cadastre
    4. La mise au point de l’outil de gestion est urgente. La sous-traitance peut accélérer l’opération.

    5. Créer un fichier national officiel des voies et adresses
    6. Il s’agit de la fourniture des éléments existants des différents répertoires d’adresses constitués par les organismes selon leurs besoins (La Poste, DGI, INSEE, etc.) et de susciter la création d’un gestionnaire unique.

    7. Unifier la TVA sur les données géographiques
    8. Cette unification est destinée à mettre fin aux anomalies actuelles entre acteurs publics et privés et entre papier et support numérique.

    9. Favoriser la mise en place d’une directive européenne sur les données publiques
    10. À la suite de la rédaction du Livre Vert, la France doit montrer l’exemple et être une force de proposition en ce domaine.

    11. Le besoin à court terme

Selon un délai qui reste à définir et qui est différent selon les données mais qui ne devrait pas excéder quatre à cinq ans, la couverture complète du territoire national ainsi que les autres composantes du référentiel à grande échelle (RGE) seraient mises à disposition dans les mêmes conditions (voir chapitre Référentiel à grande échelle, page 1*).

Ces objectifs doivent se matérialiser dans la description des missions qui sont attribuées à l’IGN.

  1. Missions de l’IGN
  2. Les statuts de l’IGN décrivent les conditions dans lesquelles il assure la production des données, leur diffusion, selon lesquelles il participe à la recherche et à l’enseignement. Les statuts doivent également décrire les activités commerciales autorisées et celles qui sont interdites.

    1. Données géographiques de référence
    2. L'institut géographique national a pour mission principale de collecter, mettre à jour, gérer et diffuser directement ou indirectement à tous les utilisateurs les données géographiques de référence nécessaires à la description du territoire national. Dans le cadre de cette mission, il assure la cohérence des données qu'il collecte en collaboration avec d'autres administrations, collectivités territoriales ou organismes publics.

      Une loi sera nécessaire pour préciser le rôle des collectivités territoriales, de leurs établissements publics et des services publics concédés…

    3. Formation, recherche
    4. L'IGN dirige les activités de l'école nationale des sciences géographiques, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre chargé de l'équipement et du ministre chargé du budget. Il conduit dans le domaine de l'information géographique les activités de recherche et de développement nécessaires à l'accomplissement de sa mission principale.

      L'IGN prête en outre son concours aux organismes de recherche et de formation intervenant dans le champ de l'information géographique de référence.

    5. Défense nationale
    6. L’institut exécute en priorité les travaux demandés par le ministre de la défense. L’exécution de ces travaux fait l’objet de conventions. Il concourt en outre à la formation technique des personnels relevant du ministère de la défense dans les domaines de l’information géographique.

      3.4 Prestations de service

      L'IGN participe à la définition et à la mise en œuvre de la politique de la France pour le développement de l’information géographique en France, en Europe et dans le monde.

      L'institut peut passer des marchés de prestation de services avec des administrations, collectivités territoriales et services publics, ainsi qu'avec des organismes internationaux et des États étrangers. Il peut, dans ce cadre, apporter son concours au ministère chargé du budget pour les travaux topographiques d’établissement et de réfection des plans cadastraux.

      L'institut peut passer des marchés de prestation de services avec des organismes et des personnes privées si les services ou travaux présentent un caractère d'intérêt général.

      Pour la réalisation de ces marchés de prestation de services, l'IGN met en place des moyens comptables et organisationnels permettant de garantir le strict respect des règles de concurrence et facture à ses clients publics ou privés la totalité des coûts imputables à cette prestation (coûts complets) ainsi qu'une marge commerciale normale.

    7. Produits commerciaux
    8. L'institut peut produire et commercialiser à titre subsidiaire des bases de données et des documents cartographiques construits à partir des données de référence. L'IGN impute à ces produits commerciaux la totalité des coûts nécessaires à leur production et à leur diffusion, y compris les éventuels coûts d'accès aux données de référence utilisées facturés en fonction du tarif public applicable à l'ensemble des utilisateurs.

    9. Coopération avec les communes et leurs groupements
    10. Le référentiel à grande échelle (RGE) constitue un outil majeur dont les communes, responsables principales de la gestion du territoire, ont un besoin quotidien. Les communes et leurs groupements pourraient prendre une part active dans la gestion de leur référentiel à grande échelle et garder une part des droits qui y sont attachés.

      Les communes (ou leurs groupements) pourraient avoir compétence pour la gestion du référentiel à grande échelle, dans des conditions techniques normalisées, décentralisant une opération que l’IGN et la DGI peinent à réaliser dans des délais acceptables (les organes nationaux restant opérateurs).

      Il y a là un développement de la production des données géographiques à organiser et le CNIG devrait en être le promoteur.

    11. L’élargissement du rôle du CNIG

S’il en prend une part largement majoritaire, l’IGN n’est pas le seul producteur d’informations géographiques de base. D’autre part, l’autonomie qui lui est accordée implique parallèlement l’existence d’une instance de contrôle.

Parmi les différentes formules envisagées, le renforcement et l’élargissement des fonctions du CNIG apparaît comme une solution simple à mettre en œuvre. Deux fonctions à développer ou à créer ont notamment été retenues :

  1. Structures de décision de l’IGN
  2. Le rôle spécifique attribué à l’IGN doit se refléter dans la structure de son organisation.

    1. Le conseil d’administration

Le rapport Lengagne " propose de donner au Conseil d’administration un rôle d’élaboration de la stratégie de l’entreprise, le Directeur et son équipe étant eux chargés de sa mise en œuvre ".

Il doit, bien sûr, comprendre des représentants des différents corps de l’établissement, mais aussi des utilisateurs et notamment des élus des différentes collectivités locales et des élus nationaux. Le Président du CNIG ou son représentant en serait membre. Bref, il faut que le Conseil d’administration puisse avoir une vision des réelles attentes des usagers et en même temps, une vision de l’évolution de la technologie. "

Le conseil d’administration doit donc avoir toute liberté pour administrer l’IGN, les membres du conseil d’administration étant choisis pour leur compétence, leur connaissance du domaine d’intervention de l’IGN.

La représentation des utilisateurs et l’expression de leurs besoins sont attribués au conseil scientifique et technique qui complète l’expertise du conseil d’administration.

Ce dispositif est complété par une instance de contrôle qui veille au respect des règles définies pour l’intervention de l’IGN. Cette instance est assurée par une commission ad’hoc créée au sein du CNIG. Le CNIG embrasse un domaine plus large que celui de l’IGN, il a vocation à voir sa mission élargie avec plus de capacité d’action et de contrôle.

Composition du conseil d’administration. Le conseil d'administration comprend vingt-sept membres.

1. Le président du conseil d’administration dont la nomination est décrite plus bas.

2. Le président du CNIG, huit représentants des services de l’État, nommés respectivement par arrêté du ministre chargé de l'équipement, du ministre chargé du budget, du ministre chargé de l’agriculture, du ministre chargé de la défense, du ministre chargé de l’environnement et du ministre chargé de la recherche, du ministre chargé de l'intérieur et du ministre chargé de la culture.

3. Deux conseillers généraux désignés par l'association des départements de France, deux conseillers municipaux désignés par l'association des maires de France.

4. Quatre personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétence parmi les propositions des organismes professionnels et nommées par arrêté du ministre chargé de l'équipement.

5. Trois représentants des utilisateurs et des éditeurs cartographiques désignés par les associations et syndicats professionnels représentatifs.

6. Six représentants du personnel de l'établissement élus comme leurs suppléants dans les conditions ci-après :

a) Trois titulaires et trois suppléants sont élus par un collège composé des personnels relevant du statut général de la fonction publique ;

b) Trois titulaires et trois suppléants sont élus par un collège composé de l'ensemble des autres catégories de personnel.

L'élection des représentants du personnel a lieu suivant les règles applicables à l'élection des représentants du personnel aux commissions administratives paritaires.

Le mandat des membres du conseil d'administration est renouvelable. En cas de vacance survenant, pour quelque cause que ce soit, plus de six mois avant l'expiration du mandat d'un membre titulaire ou suppléant du conseil d'administration, il est pourvu à son remplacement pour la durée restant à courir de ce mandat.

La durée du mandat de 3 ans sera à ajuster en fonction de la qualité des membres.

En ce qui concerne les attributions du conseil d’administration, il est proposé cinq mesures destinées à en accentuer l’efficacité et la nature publique :

Il est enfin nécessaire de distinguer parfaitement les activités relevant de la prérogative de service public, qui sont strictement engagées et contrôlées par le conseil d’administration, des activités commerciales autorisées par les statuts pour lesquelles le directeur général disposera d’une marge d’initiative et de responsabilité exercée sous le contrôle du conseil d’administration.

    1. Le président du conseil d’administration
    2. Le rapport Lengagne préconise un président du conseil d’administration choisi parmi les parlementaires. En conséquence, il est proposé que le président du conseil d'administration soit nommé par décret sur le rapport du ministre chargé de l'équipement, sur proposition du Président de l’Assemblée nationale.

    3. Le comité scientifique et technique

Le comité scientifique et technique est tout d’abord placé auprès du conseil d’administration et non pas seulement du directeur général. Le comité a pour objectif d’enrichir la préparation des décisions du conseil d’administration, et à ce titre c’est ce conseil qui a besoin d’informations.

Il ne doit pas être exclusivement tourné vers la recherche mais doit avoir (pour répondre à l’objectif visé) une vue sur toute l’activité technique de l’institut. Il doit réunir des experts de la recherche mais aussi des experts du monde des utilisateurs.

Le comité scientifique et technique est chargé de donner au conseil d’administration, son avis :

Le comité scientifique et technique doit comprendre une vingtaine de membres visant à représenter les trois grands secteurs que l’on peut distinguer :

Son président doit être élu par le comité scientifique et technique.

Voir le détail des propositions en Annexe 5 : Organisation et fonctionnement de l’IGN, page 20.

    1. Le directeur général

Le rapport Lengagne propose la nomination du directeur général en Conseil des Ministres, sur proposition du ministre de tutelle, et qu’au préalable une commission formée de spécialistes (entre autres issus des membres du CNIG) et d’utilisateurs élus puisse donner son avis après un appel à candidatures, et que le conseil d’administration de l’IGN soit associé à ce choix. En conséquence, l’article 8 des statuts de l’IGN pourrait contenir la formulation suivante : le directeur général est nommé par décret, sur le rapport du ministre chargé de l'équipement, dans une liste de trois noms arrêtée par le conseil d’administration à l’issue d’un appel public à candidatures et assortie de l’avis du comité scientifique et technique.

En ce qui concerne les attributions du directeur général, deux modifications sont proposées :

  1. Tarification et affectation de la subvention
    1. Le rapport Lengagne

Le rapport Lengagne a longuement examiné la question de la tarification des données produites par l’IGN, de l’affectation de la subvention de l’État et des rapports entre les deux opérations. Il propose que les règles d’utilisation de la subvention soient précisées à partir des quatre principes suivants :

    1. Propositions des représentants des utilisateurs

Ces propositions s'inscrivent dans une perspective ambitieuse de développement de la géomatique, comme outil essentiel de gestion des territoires, de maîtrise des risques, d'amélioration de la relation client (géomarketing) et du déploiement de la société de l'information (réseaux de communication, mobilité…).

Elles refusent la logique libérale visant à faire supporter aux usagers l'intégralité du coût des services publics et à s'appuyer sur le marché et la concurrence pour répondre aux besoins. Les données de bases formant le RGE constituent un bien commun dont l'accès doit être ouvert à tous.

Cela passe par l’affectation d'un financement public à la création de données essentielles diffusables au coût marginal de mise à disposition. Dans cet esprit la subvention à l'IGN aurait un triple objet :

Ce financement pourrait être abondé par d’autres ministères en tant que clients, pour la constitution de certaines bases, ce qui leur permettrait en échange de participer à la spécification et à la définition de ces bases ainsi qu'au choix des zones prioritaires (plan de charge de l’IGN).

Cette proposition est modeste comparée à la pratique des Etats-Unis où l'ensemble des données fédérales est diffusé au coût de mise à disposition. Elle ne vise que les données de base. L'expérience des Etats-Unis montre que l'impact budgétaire d'une telle politique peut être positif, car cette politique est l'un des piliers du développement d'une grande industrie de l'information génératrice d'emplois et de ressources fiscales.

En tout état de cause le groupe d’experts estime qu'une application pleine et entière des propositions du Rapport Lengagne, constitue un minimum.

Les décisions à prendre sur l’affectation de la subvention et leur contrôle doivent être effectués par une instance externe à l’IGN (le CNIG). Si la subvention est transformée en une " commande publique ", il est souhaitable que ces décisions soient prises par une instance regroupant les principaux clients publics (Ministères de la Défense, de l’Agriculture, de l’Environnement et de l’Équipement, représentants des Villes, des Départements et des Régions…).

  1. Diversification et respect de la concurrence
  2. Comme le constate et le propose le rapport Lengagne, la légitimité et la nécessité du développement d’une activité commerciale de l’IGN ne sont pas contestées. Ce sont les modalités d’intervention de l’IGN sur des marchés ouverts à la concurrence qui ont offert matière à controverse.

    Deux points paraissent plus particulièrement litigieux au regard des règles de la concurrence : une compétition frontale avec des acteurs privés du marché de l’information géographique en recourant à des financements privilégiés, et le refus de fournir l’accès à des données de base.

    1. Diversification et concurrence
    2. Comme le précise le rapport Lengagne, le critère de rentabilité n’est pas le seul critère permettant de juger de l’utilité d’une action de diversification de l’IGN. D’autres critères doivent être pris en considération : adéquation avec la mission de l’IGN et respect de la loyauté de la concurrence.

      Un critère concernant l’état de la situation concurrentielle sur le marché visé par le projet de diversification de l’IGN peut être ajouté. L’existence d’une offre structurée et d’une situation normalement concurrentielle sont des critères à prendre en compte, et qui s’inscrivent dans l’idée du Rapport Lengagne d’une " incitation au développement d’activités jugées stratégiques par la puissance publique, que l’initiative privée délaisserait en raison de leur coût ".

      Or, les dispositifs administratifs et juridiques actuels ne permettent pas toujours aux acteurs privés victimes de concurrence déloyale de faire valoir leurs droits : les petites sociétés de conseil ou d’édition de cartes ont en particulier de grandes difficultés à faire établir la réalité de la situation devant les tribunaux et aucun dispositif administratif ne leur permet de faire prendre en considération les situations litigieuses.

    3. Contrôle

Une instance externe à l’IGN doit être habilitée

Cette instance est constituée par une commission du CNIG créée à cet effet. L’efficacité du contrôle implique un système de comptabilité distinguant les activités relevant du service public des activités commerciales et capable d’enregistrer les facturations internes.

  1. Référentiel à grande échelle
  2. Il s’agit là, d’une part, de proposer une couverture exhaustive de tout le territoire et, d’autre part, de compléter le référentiel à grande échelle (RGE) par le plan cadastral et un référentiel " adresses " national.

    1. Constitution du référentiel à grande échelle (RGE)

Le référentiel à grande échelle (RGE) ne doit pas être bâti sur la base de produits commerciaux existants (cf. le § suivant) aujourd’hui trop complexes et pour lesquels les délais de mise à jour sont incompatibles avec les besoins à satisfaire (l’exemple de la BD TOPO est significatif).

Le référentiel à grande échelle (RGE) devra plutôt être issu de la simplification de l’actuelle BD TOPO et complété des éléments qui lui font défaut (cf. ci-dessus) avec une mise à jour en continu en respectant notamment la normalisation envisagée pour les métadonnées (norme expérimentale XP 12657) qui consiste à documenter (décrire) les données diffusées.

Afin de préciser ces points, des annexes précisent :

Pour la spécification du référentiel à grande échelle, une méthode de travail précise, cohérente avec les pratiques en vigueur dans le développement des systèmes d’information doit être retenue. Les collectivités territoriales exécutent des processus en nombre limité et dont le contenu est relativement standardisé.

La réalisation d’un POS est par exemple un processus assez bien maîtrisé qui comporte, en " intrants " différentes descriptions du territoire, et notamment un assemblage du cadastre, présenté typiquement au 1/2 000, souvent avec un plan d’ensemble au 1/5 000. À la sortie du processus de fabrication, ces mêmes fonds de plans sont complétés par des zonages, la description géométrique des servitudes, éventuellement un repérage d’éléments remarquables. Sur la base de l’analyse de tels processus, il est possible de préciser la définition du référentiel à grande échelle (RGE).

    1. Contenu du référentiel à grande échelle

Les données géographiques de référence ne constituent pas une base de données structurée, mais une collection d'objets géographiques dont la cohérence est assurée par le partage d'un référentiel géodésique commun. Ces données doivent être diffusées dans le respect des standards Internet (notamment XML, SVG et GML…), afin de faciliter leur utilisation la plus large.

Chaque objet élémentaire est décrit par un identifiant, sa typologie (type, sous-type), un ou plusieurs noms (R.N. 6, rue Jean Jaurès…), ses coordonnées, et sa géométrie s'il y a lieu (forme, hauteur…), conformément à la norme française EDIGéO qui inclut la nomenclature du CNIG. D'autres attributs (comme la largeur de la voie ou le nombre de voies…) peuvent être fournis à titre de complément, comme une option. Il est important de limiter les données de références au noyau des données géographiques afin d'en faciliter l'utilisation, la mise à jour et la cohérence. Des attributs d'un intérêt très général pourront être prévus à titre exceptionnel.

Chaque objet est mis à jour individuellement, en continu.

Par exception certains de ces objets sont assemblés pour former deux fonds de plan, à grande échelle (plan cadastral) et à moyenne échelle (1/25 000), nécessaires notamment pour la publication des données essentielles dans les domaines de l'urbanisme, de l'aménagement, de l'environnement et de la sécurité publique. Ces plans sont diffusés sous forme image et mis à jour annuellement (plan cadastral) ou à plus large intervalle (1/25 000).

L'IGN publie la documentation de ces données (métadonnées) conformément à la norme expérimentale XP 12657.

La qualité des données de référence est renforcée par leur très large utilisation et la mise en place de mécanismes simples et conviviaux permettant aux utilisateurs de signaler les défauts et de proposer des améliorations.

  1. Annexe 1 : Les données géographiques de référence
  2. Les données sont toujours documentées (décrites) conformément à la norme expérimentale XP 12657 sur les données géographiques. Cette description est indispensable quand des données de même nature vont coexister avec des qualités différenciées.

    1. Le canevas géodésique
    2. Mise en place d'un réseau géodésique actif (GPS différentiel) d'une précision métrique dans l'immédiat, renforcé progressivement pour apporter une précision centimétrique.

      Arrêt de la maintenance des repères géodésiques traditionnels et mise en place de nouveaux repères géodésiques utilisables en photographie aérienne et en imagerie spatiale de haute résolution (1 m).

      Cette mise en place nécessite le vote d'une loi permettant d'installer ces repères sur les terrasses des bâtiments publics ou privés ou sur des équipements comme les châteaux d'eau, les pylônes, les stations hertziennes etc.

    3. Les représentations linéaires (objets linéaires et ouvrages associés)

Les objets :

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat :

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. L'occupation du sol (objets surfaciques)

Les objets :

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat :

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. Les découpages (objets surfaciques)

Les objets :

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat :

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. La toponymie (objets ponctuels)

Les objets : nom des autres objets, attachés à un centroïde

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat : BD NYMES de l'IGN

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. Les adresses (objets ponctuels : points d'adressage)

Les objets : points d'adressage (numéros) ou de sous-adressage (escalier…), bâtis ou non bâtis.

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat : néant

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. L'altimétrie

Les objets :

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat :

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. La couverture orthophotographique

Les objets :

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat :

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. Le fond de plan cadastral raster au 1/1 000 continu et assemblé (précision métrique)

Les objets :

Données pouvant immédiatement être intégrées à la référence : le PCI converti au format raster le plus courant.

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence :

    1. Les planches mères de la carte au 1/25 000 sous forme scannée (précision décamétrique)

Les objets :

Données pouvant être intégrées à la référence dans l'immédiat : les cartes mères actuelles scannées.

Sources pour la mise à jour et l'amélioration progressive de la référence : mise à jour des cartes mères dans le cadre de la production du 1/25 000 sur support papier.

 

  1. Annexe 2 : Proposition de tarification

La tarification des données de référence doit permettre leur utilisation la plus large. Cet objectif conduit à préconiser la gratuité pour les données géodésiques et un tarif au coût de mise à disposition pour les autres.

Dans tous les cas les données sont diffusées libres de droits patrimoniaux et ne donnent pas lieu à versement de redevances. La rediffusion et l'enrichissement de ces données par des tiers est recherchée et encouragée afin de maximiser leur utilisation. Les licences d'utilisation sont de type GNL avec des droits d'utilisation très larges assortis d'obligations précises : mentionner la source et les métadonnées, maintenir la qualité des données et concourir à l'amélioration de cette qualité (signalement des erreurs et omissions, mise dans le domaine public des améliorations portant sur la données source).

La mise en place de redevances doit être écartée pour plusieurs raisons :

    1. Les données géodésiques

L'utilisation des repères géodésiques classiques est gratuite. La consultation des fiches décrivant ces repères est gratuite. La géodésie constitue en effet le socle sur lequel repose l'ensemble des données géographiques. Elle constitue à cet égard une donnée essentielle. C'est pourquoi il est proposé d'étendre la gratuité actuelle aux nouvelles modalités d'utilisation du réseau géodésique :

Cela exclut tout cryptage des données différentielles et toute perception de redevance, qui aurait pour effet de retarder l'introduction des nouvelles technologies (levers GPS) et de renchérir les coûts de collecte et de mise à jour de l'ensemble des données géographiques.

    1. Les autres données géographiques de référence

Il est proposé d'appliquer une tarification au coût de mise à disposition à l'ensemble des données de référence, quel qu'en soit le support : papier, CD ou DVD, Internet. Cela conduirait à mettre fin aux discriminations qui pénalisent aujourd'hui lourdement les produits numériques (Scan25 vendu environ 100 fois plus cher que son équivalent papier).

Cette proposition se traduit concrètement par les dispositions suivantes :

La mise en place d'un serveur constitue un coût fixe qui doit être supporté même en l'absence de téléchargement, afin de permettre la présentation des produits (métadonnées), la prise de commande des produits matériels (papier, CD…) et la prise en compte des demandes des utilisateurs (signalement des erreurs et omissions et suggestions pour l'amélioration des produits…).

  1. Annexe 3 : Définition du référentiel à grande échelle (RGE)
  2.  

    Echelle / précision

    Mise à jour

    Tarif maximum France entière en FF TTC*

    Remarques

    Objets du réseau routier complet, voies communales incluses

    décamétrique

    trimestre

    100 000

    Au minimum le filaire de voie et largeur en classes + topologie

    Objets du réseau hydrographique

    hectométrique

    décennal

    250 000

    Enrichissement progressif, bassin versant en attribut

    Objets formant l'Occupation du sol

    hectométrique

    triennale

    250 000

     

    Toponymes

    décamétrique

    trimestre

    50 000

    Y compris lieux dits + synonymes

    Limites administratives

    Région ->Communes + iris + îlots

    Hectométrique et décamétrique (IRIS, îlots)

    quinquennale

    5 000**

     

    Orthophotoplan

    Pixel

    0,3 m en zone urbaine

    1 m en zone rurale

    quinquennale

    500 F le CD par département

    Si possible biennal en zone périurbaine dynamique

    * Vendu par unité et par couche : région, département, agglomération, district, communautés, commune : coût de mise à disposition pour la matière première en vrac (pas de redevance), prix de marché pour les produits packagés (copyright)

    ** Sans copyright

     

     

     

    Échelle / précision

    Mise à jour

    Tarif maximum France entière en FF TTC*

    Remarques

    Données altimétriques

    +/- 2,5 m au pas de 50 m + point topo (carrefours)

    N/A

    20 ans ?

    50 000

    Enrichissement systématique avec les points levés pour les autres couches du référentiel

    Nom des voies

    (avec toponymie)

    +/- 10 m

    trimestre

    50 000

    Étendue à toutes les zones agglomérées

    Cadastre scanné

    1/1000 ou 1/2000 en urbain avec N° géolocalisé

    1/5000 en rural

    trimestre

    Gratuit par planche au 1/1000

    25 000 FF Assemble par département** :

    Fond de plan continu des plans assembles avec la précision du 1/5000°

    Fichier national unique des adresses

    +/- 10 m

    Continue en ligne cf. annuaire

    100 000 (tarif annuel pour prestataires de services…)

    A compléter par un tarif très bas à l'adresse (0,02 FF / unité)

    Scan25

     

    quinquennale

    200 F le CD par département**

     

    * Vendu par unité et par couche : région, département, agglomération, district, communautés, commune : coût de mise à disposition pour la matière première en vrac (pas de redevance), prix de marché pour les produits packagés (copyright)

    ** Sans copyright

  3. Annexe 4 : Répartition des coûts du référentiel à grande échelle (RGE)
  4. (première approche sommaire, hors coûts de mise à disposition)

    Couche du RGE

    Coûts de constitution

    Coûts de maintenance

    Géodésie

    Mise en place des stations DGPS

    Mise en place des nouveaux repères géodésiques

    Mise en place de la diffusion sur Internet (données différentielles, fiches descriptives des repères sur le terrain)

    Fonctionnement et entretien des stations

    Réseaux

    Occupation du sol

    Mise en place du workflow avec les collectivités, La Poste, la DGI etc.

    Extension couverture données BD TOPO

    Mise en cohérence

    Gestion du workflow de mise à jour et d'amélioration

    Découpages

    Mise en place du workflow avec la DGI (parcellaire, lieux-dits) et l'INSEE..

    Mise en cohérence des données DGI

    Gestion du workflow de mise à jour

    Toponymie

    Complément BD NYMES (extraction à partir des autres couches)

    Mise en cohérence

    Mise à jour intégrée au workflow des autre couches

    Adresses

    Mise en place du workflow avec la DGI, les collectivités, La Poste, l'INSEE etc.

    Mise en cohérence

    Gestion du workflow de mise à jour

    Orthophoto

    Couverture à intervalles réguliers

    Numérisation de l'archive

    Plan cadastral raster

    Mise en place du workflow avec la DGI

    Mise à l'échelle, calage, assemblage

    MAJ assurée par la DGI

    1/25 000 scanné

    Mise en forme (restitution carto)

    Scan des planches mères (ancienne filière)

     

    Coûts communs

    Mise en place d'un Extranet pour le workflow de données

    Mise en place d'un Site Internet pour la diffusion des données (libres ou payantes)

     

     

     

  5. Annexe 5 : Organisation et fonctionnement de l’IGN

[...]

TITRE II

ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT

Art. 7. - L'institut géographique national est dirigé par un directeur général et administré par un conseil.

Art. 8. - Le directeur général est nommé par décret, sur le rapport du ministre chargé de l'équipement, dans une liste de trois noms arrêtée par le conseil d’administration à l’issue d’un appel public à candidatures. La liste est accompagnée d’un avis du comité scientifique et technique.

Art. 8 bis. - Le directeur général assure le fonctionnement de l'établissement, prépare les délibérations du conseil d'administration. et en assure l'exécution.

Il fixe l'organisation de l'institut.

Il représente l'établissement en justice et dans les actes de la vie civile.

Il a autorité sur l'ensemble des personnels de l'établissement; il définit leurs attributions.

Il peut déléguer sa signature aux directeurs et chefs de service de l'établissement.

En cas d'absence ou d'empêchement de ces derniers, il peut déléguer sa signature à leurs collaborateurs appartenant à un corps de fonctionnaires de catégorie A ou à des agents de niveau équivalent.

Le directeur général rend compte au conseil d'administration des décisions qu’il a prises en fonction des délégations qui lui sont consenties.

Art. 9. - Le conseil d'administration comprend vingt-sept membres nommés pour trois ans :

  1. Le président du conseil d’administration nommé conformément à l’article 10.
  2. Le président du CNIG

3. Huit représentants des services de l’État, nommés respectivement par arrêté du ministre chargé de l'équipement, du ministre chargé du budget, du ministre chargé de l’agriculture, du ministre chargé de la défense, du ministre chargé de l’environnement et du ministre chargé de la recherche, du ministre chargé de l'intérieur et du ministre chargé de la culture ;

4. Deux conseillers généraux désignés par l'association des départements de France, deux conseillers municipaux désignés par l'association des maires de France.

5. Quatre personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétence parmi les propositions des organismes professionnels et nommées par arrêté du ministre chargé de l'équipement.

6. Trois représentants des utilisateurs et des éditeurs cartographiques désignés par les associations et syndicats professionnels représentatifs.

7. Six représentants du personnel de l'établissement élus comme leurs suppléants dans les conditions ci-après :

a) Trois titulaires et trois suppléants sont élus par un collège composé des personnels relevant du statut général de la fonction publique;

b) Trois titulaires et trois suppléants sont élus par un collège composé de l'ensemble des autres catégories de personnel.

L'élection des représentants du personnel a lieu suivant les règles applicables à l'élection des représentants du personnel aux commissions administratives paritaires.

Le mandat des membres du conseil d'administration est renouvelable. En cas de vacance survenant, pour quelque cause que ce soit, plus de six mois avant l'expiration du mandat d'un membre titulaire ou suppléant du conseil d'administration, il est pourvu à son remplacement pour la durée restant à courir de ce mandat.

Le directeur général, le contrôleur financier et l'agent comptable assistent aux séances avec voix consultative.

Assistent également aux séances avec voix consultative les personnes dont la présence est demandée par le président du conseil d'administration.

Les fonctions de membre du conseil d’administration ne donnent pas lieu à une rémunération. Elles ouvrent droit aux indemnités de déplacement et de séjour prévues par le décret susvisé du 28 mai 1990 modifié.

Art. 10. - Le président du conseil d'administration est nommé par décret, sur le rapport du ministre chargé de l'équipement, sur proposition du Président de l’Assemblée nationale.

Art. 11. - Le conseil d'administration se réunit au moins quatre fois par an à la convocation de son président, qui fixe l'ordre du jour.

Le président est tenu de convoquer le conseil si le ministre chargé de l'équipement, le directeur général de l'institut ou la majorité des membres le demande.

En cas d'absence ou d'empêchement du président, un vice-président, élu pour trois ans par le conseil d’administration dès sa première réunion, assure la présidence du conseil.

Le conseil ne peut délibérer valablement que si la moitié au moins de ses membres est présente. Les décisions sont prises à la majorité des voix des membres présents; en cas de partage, la voix du président est prépondérante. Si ce quorum n'est pas atteint, le conseil est à nouveau convoqué avec le même ordre du jour dans un délai maximum de vingt jours ; il délibère alors sans condition de quorum.

Le lieu, la date et l'heure ainsi que l'ordre du jour des séances sont portés au moins quinze jours à l'avance à la connaissance des membres du conseil d'administration ainsi que du contrôleur financier.

Les projets de délibération sont communiquées aux membres du conseil d’administration au moins sept jours à l’avance.

Les délibérations font l'objet de procès-verbaux signés du président et adressés au ministre chargé de l'équipement et, s'il y a lieu, aux autres ministres concernés dans le mois qui suit la séance.

Art.12. - En sus des questions relevant de sa compétence en application des décrets susvisés du 10 décembre 1953 et du 29 décembre 1962, le conseil d'administration délibère sur :

Les orientations stratégiques, le contrat d'objectifs avec l’État et, d'une manière générale, tous les programmes généraux d'activité et d'investissement de l'institut proposés par le directeur général ;

Le budget et ses modifications, le compte financier ;

Le rapport annuel d'activité ;

La création de filiales et la prise de participations financières dans tout organisme public ou privé ;

Les orientations stratégiques des filiales, ainsi que leurs prévisions budgétaires, leurs comptes annuels, leurs engagements hors bilan et leurs comptes-rendus d’activité ;

Les conditions générales des conventions prévues aux articles 2 à 6 ci-dessus, notamment leurs modalités financières ;

Ces conventions elles-mêmes ;

La politique de tarification des produits et prestations de services de l'institut ;

Les contrats et marchés ;

Les acquisitions, aliénations et échanges d'immeubles ;

L'acceptation des dons et legs ;

Les emprunts ;

Les créations, transformations et suppressions de centres et agences de l'établissement à l'étranger ;

Les transactions ;

La communication ;

Le règlement intérieur du conseil.

Il donne son avis sur l'organisation générale de l'institut et sur les questions qui lui sont soumises par le ministre chargé de l'équipement, le président du conseil d'administration ou le directeur général.

Il peut déléguer au directeur général certains de ses pouvoirs, à l'exclusion toutefois de ceux concernant le budget et ses modifications, le compte financier, les acquisitions, aliénations et échanges d'immeubles, les emprunts, la création de filiales, les prises, extensions et cessions de participations financières et les transactions dépassant un certain seuil.

Art. 13. - Les délibérations du conseil d'administration sont exécutoires quinze jours après la réception du procès-verbal par le ministre chargé de l'équipement, sauf opposition de celui-ci.

Toutefois, les délibérations portant sur les matières visées au dernier alinéa de l’article 12 sont soumises à l'approbation du ministre chargé de l'équipement et du ministre chargé du budget.

Art. 14 - Il est créé auprès du conseil d’administration un comité scientifique et technique, chargé de lui donner son avis sur :

- les orientations stratégiques de l’institut,

- les choix techniques de l’institut,

- la communication de l’institut,

- les grandes orientations de la recherche dans l'institut,

- les résultats des recherches et les programmes en cours, la valorisation et la diffusion des informations à caractère scientifique et technique, la formation,

- la contribution de l’institut à la constitution de banques de données techniques et scientifiques,

- l'évaluation permanente des travaux de recherche et des actions de valorisation entreprises,

- les formations doctorales de l’institut,

- les moyens humains et financiers à mettre au service des opérations de recherche,

- d’une manière générale, toute question qui lui est soumise par le directeur général ou le président du conseil d’administration.

Le comité scientifique et technique comprend vingt membres nommés pour trois ans :

1) Neuf personnalités scientifiques et techniques, sur proposition du président du conseil d’administration, par arrêté du ministre chargé de l’équipement ;

2) Trois membres de droit :

- le directeur chargé de la recherche au ministère chargé de l’équipement ;

- le directeur chargé de la technologie au ministère de la recherche ;

- le délégué général pour l’armement au ministère de la défense ;

3) Cinq membres représentant respectivement le centre national de l’information géographique, le centre national de la recherche scientifique, le centre national d’études spatiales, l’institut national des sciences de l’univers et le service d’hydrographie et d’océanographie de la marine, nommés par arrêtés des autorités de tutelle de ces établissements ;

4) Trois représentants du personnel, élus selon des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de l’équipement.

En cas de vacance survenant, pour quelque cause que ce soit, plus de six mois avant l'expiration du mandat d'un membre titulaire ou suppléant du comité scientifique et technique, il est pourvu à son remplacement pour la durée restant à courir de ce mandat.

Le comité scientifique et technique élit en son sein un président et un vice-président. Ce dernier en assure la présidence en cas d'absence ou d'empêchement du président.

Le comité se réunit au moins deux fois par an, sur convocation du président ou à la demande écrite des deux tiers de ses membres. Le président fixe l’ordre du jour.

Le directeur général assiste aux réunions du comité. Le président du comité peut également appeler à participer aux séances toute personne dont il juge la présence utile.

Les délibérations font l’objet de procès-verbaux signés du président du comité et adressés aux ministres chargés respectivement de l’équipement et de la recherche, ainsi qu’au président du conseil d’administration et au directeur général de l’institut.

[...]

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